28.2.09
*
Quelques embruns muets,
un souffle retenu,
une frontière où je me perds.
J'emprunte à l'éphémère
les illusions ténues
d'un jardin secret…
*
Mariel
*
photo Inacio Freitas
24.1.09

photo Raquel Varela
Il y a dans la mémoire un fleuve ou naviguent
Les bateaux de l'enfance, en arcades,
De rameaux inquiets que déploient
Sur les eaux les feuilles recourbées.
Il y a un battement de rames mesuré
Dans le silence du petit matin lisse,
Des ondes douces s'éloignent sur le coté
Avec une rumeur de soif chiffonnée.
Il y a un lever de soleil au site exact,
À l'heure qui le plus compte d'une vie,
Un réveil des yeux et du toucher,
Un tournant de soif inextinguible.
Il y a un portrait d'eau et de lassitude
Qui du fond a jailli de cette mémoire,
Et tout ce qui ouvre dans le chant
Qui conte du portrait le vieille histoire.
*
José Saramago
Les poèmes possibles
traduit du portugais par Nicole Siganos
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Or,
dans le même rêve
Je suis couché au plus creux d’une barque,
Le front, les yeux contre ses planches courbes
Où j’écoute cogner le bas du fleuve
Et tout d’un coup cette proue se soulève,
J’imagine que là, déjà, c’est l’estuaire,
Mais je garde mes yeux contre le bois
Qui a odeur de goudron et de colle.
Trop vastes les images, trop lumineuses,
Que j’ai accumulées dans mon sommeil.
Pourquoi revoir, dehors,
Les choses dont les mots me parlent, mais sans convaincre,
Je désire plus haute ou moins sombre rive.
Et pourtant je renonce à ce sol qui bouge
Sous le corps qui se cherche, je me lève,
Je vais dans la maison de pièce en pièce,
Il y en a maintenant d’innombrables,
J’entends crier des voix derrière des portes,
Je suis saisi par ces douleurs qui cognent
Aux chambranles qui se délabrent, je me hâte,
Trop lourde m’est la nuit qui dure, j’entre effrayé
Dans une salle encombrée de pupitres,
Vois, me dit-on, ce fut la salle de classe,
Vois sur les murs tes premières images,
Vois, c’est l’arbre, vois, là, c’est le chien qui jappe,
Et cette carte de géographie, sur la paroi
Jaune, ce décolorement des noms et des formes,
Ce déssaisissement des montagnes, des fleuves,
Par la blancheur qui transit le langage,
Vois, ce fut ton seul livre.
L’Isis du plâtreDu mur de cette salle, qui s’écaille,
N’a jamais eu, elle, n’aura rien d’autre
A entrouvrir pour toi, refermer sur toi.
*
Yves Bonnefoy
/La maison natale / Les planches courbes/ Poésie Gallimard
10.6.08
Ma chanson d'écluse et de vent
Mon quartier d'ombre où vient rêvant
Mourir la mer
Mon beau mois d'août dont le ciel pleut
Des étoiles sur les monts calmes
Ma songerie aux murs de palmes
Où l'air est bleu
Mes bras d'ormes faibles merveilles
Renaissent ma soif et ma faim
Collier collier des soirs sans fin
Où le cœur veille
Est-ce qu'on sait ce qui se passe
C'est peut-être bien ce tantôt
Que l'on jettera le manteau
Coupez ma gorge et les pivoines
Vite apportez mon vin mon sang
Pour lui plaire comme en passant
Font les avoines
Il me reste si peu de temps
Pour aller au bout de moi-même
Et pour crier Dieu que je t'aime
Je t'aime tant, je t'aime tant
*
Louis Aragon
ps:Petite pause blog ...! ;:-)
1.6.08
Le cœur dans ma poitrine éclate de bonheur
Le ciel m'en est témoin j'aime et je suis aimée
Mille baisers en moi comme un jardin en fleurs
Éclosent sur mes lèvres en roses parfumées
Je rends grâce au soleil qui m'enivre de joie
A sa douce chaleur qui dans mon corps rayonne
Éperdue de désir je prie les bras en croix
Mon âme s'envole prends la , je te la donne
Je suis au bout du monde où tu m'as entraînée
L'espace tout entier se referme sur nous
La passion qui nous lie est notre destinée
Que ce qui nous unit jamais ne se dénoue
Si toutes mes pensées me ramènent vers toi
Chaque pas que je fais me rapproche de toi
Dans tes rêves je sais tu ne trouves que moi
Tes mains le jour la nuit ne caressent que moi




